Pourquoi un quiz à 6 dimensions et pas un score unique
Un score unique d’appétence IA ne sert à rien. Deux dirigeants peuvent avoir le même score 12/24 avec des profils diamétralement opposés : l’un fort en vision stratégique mais incapable de manipuler un outil, l’autre maîtrisant ChatGPT au quotidien sans aucune vision sur l’usage à l’échelle de son équipe.
Le quiz AI-Q mesure six axes complémentaires, chacun noté de 0 à 4. Le résultat individuel est un radar à 6 axes qui révèle la forme de l’appétence, pas seulement son intensité. C’est cette forme qui permet de calibrer un programme de progression personnalisé.
Les 6 dimensions
D1 — Usage IA actuel
Ce qu’on mesure : la fréquence et la profondeur d’usage de l’IA dans le quotidien professionnel du dirigeant. Pas seulement « vous utilisez ChatGPT ? » mais « combien de fois par semaine, sur quelles tâches, avec quel bénéfice mesuré ? »
- Niveau 0 — N’a jamais utilisé d’IA générative
- Niveau 1 — Usage occasionnel, hors flux de travail
- Niveau 2 — Usage régulier, sur quelques tâches récurrentes
- Niveau 3 — Usage quotidien intégré au flux de travail
- Niveau 4 — Usage maîtrisé avec automatisation et reuse de prompts
D2 — Maîtrise des outils
Ce qu’on mesure : la capacité à choisir le bon outil pour la bonne tâche parmi le panel disponible (ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot, Perplexity, NotebookLM, et leurs spécificités).
Un dirigeant qui utilise ChatGPT pour tout — y compris pour de la veille concurrentielle où Perplexity serait dix fois plus pertinent — révèle un niveau D2 faible même s’il manipule un outil quotidiennement. La maîtrise n’est pas l’usage, c’est le discernement.
D3 — Capacité d’adaptation
Ce qu’on mesure : peut-il ajuster l’IA à un contexte métier ou culturel précis ? Peut-il demander à Claude de produire un texte adapté au registre d’une clientèle particulière, à un marché à l’export, à une norme de communication interne ?
Cette dimension distingue le dirigeant qui demande à l’IA « écris-moi un email » du dirigeant qui demande « écris-moi un email pour un acheteur grande distribution algérien que je n’ai jamais rencontré, qui valorise la formalité, en évitant les anglicismes ».
D4 — Perception des risques
Ce qu’on mesure : la conscience qu’a le dirigeant des risques associés à l’usage IA : souveraineté data, hallucinations, conformité réglementaire (RGPD, lois locales), déformation des décisions par excès de confiance dans l’outil.
C’est une dimension délicate : un score trop bas révèle un risque opérationnel ; un score trop haut peut révéler une posture techno-anxiogène qui paralyse l’usage. La cible est un score intermédiaire-haut : conscient des risques, sans être bloqué par eux.
D5 — Vision stratégique
Ce qu’on mesure : comment le dirigeant positionne l’IA dans sa stratégie. Menace ? Outil tactique ? Rupture concurrentielle ? Avantage compétitif structurant ?
Cette dimension est la plus variable selon le profil :
- Un DG d’ETI industrielle verra souvent l’IA comme rupture concurrentielle (D5 = 3-4)
- Un DAF la verra plutôt comme outil tactique (D5 = 2)
- Un DRH peut la voir comme menace pour son métier (D5 = 0-1) ou avantage RH (D5 = 4)
D6 — Volonté d’action
Ce qu’on mesure : le dirigeant est-il prêt à investir, à se former, à déléguer ? Cette dimension est la plus prédictive du résultat à 90 jours. Un dirigeant avec D1-D5 moyens mais D6 = 4 progresse plus vite qu’un dirigeant avec D1-D5 forts mais D6 = 1.
C’est pour cela qu’on l’observe particulièrement en atelier hands-on : la volonté déclarée et la volonté en situation peuvent diverger sensiblement.
Pourquoi 15 questions, pas 50
Le format court (15 à 20 questions, 15 minutes) est intentionnel. Pour trois raisons :
Première raison : compliance des dirigeants. Un quiz de 50 questions ne sera pas rempli sérieusement par un COMEX. Au-delà de 20 minutes, la qualité des réponses chute brutalement. Le score devient bruité.
Deuxième raison : signal vs bruit. Avec un échantillon de 8-12 dirigeants, ajouter des questions ne réduit pas le bruit statistique — il l’augmente. Six dimensions bien choisies captent 90 % de l’appétence.
Troisième raison : c’est le T0, pas le diagnostic. Le quiz pèse 30 % du score final. Les 50 % restants viennent de l’observation en atelier. Le quiz n’a pas besoin d’être exhaustif — il a besoin d’être assez précis pour orienter l’observation.
Ce que le radar individuel permet de dire
Quelques exemples d’analyses tirées de radars réels (anonymisés) :
Profil 1 — D1=3, D2=1, D3=3, D4=2, D5=4, D6=4 Vision forte, volonté forte, mais usage et maîtrise outils faibles. Profil champion latent : à équiper d’urgence sur les bons outils, va décoller en 30 jours.
Profil 2 — D1=4, D2=4, D3=2, D4=4, D5=2, D6=2 Manipulateur expert, conscient des risques, mais sans vision claire ni volonté d’amplifier. Profil power user solo : à transformer en mentor interne pour les autres, mais pas porteur de cas d’usage stratégiques.
Profil 3 — D1=1, D2=0, D3=1, D4=4, D5=1, D6=0 Risques sur-perçus, volonté d’action nulle. Profil résistant : à adresser spécifiquement, probablement par un mentor interne plutôt que par formation directe.
Le score brut moyenné de ces trois dirigeants serait 2.0/4 dans tous les cas. Le radar révèle trois stratégies de progression complètement différentes.
Au-delà du quiz : l’observation pèse 50 %
Le quiz n’est qu’une première lecture. Pendant le séminaire AI-Q, chaque dirigeant est observé sur les mêmes 6 dimensions par un observateur dédié, avec une grille structurée. C’est cette observation qui porte la moitié du score d’appétence final, et qui alimente directement les fiches individuelles de la Cartographie d’une Équipe Augmentée.
Pour aller plus loin : voir la Phase 1 Diagnostic qui détaille le déroulé complet du quiz et du cadrage amont, ou faire un pré-diagnostic gratuit sur 8 dimensions business orientées dirigeant.